Un Turkmène à la tête de l’Etat islamique

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L’annonce du successeur d’Abou Bakr al-Baghdadi, tué fin octobre en Syrie, avait laissé perplexe : qui était donc ce Abou Ibrahim al-Hachemi al-Qourachi désigné par l’Etat islamique ? Son nom n’évoquait rien aux spécialistes du jihad et n’apparaissait dans aucun organigramme. Le nouveau «calife» était inconnu.

Il s’agit en réalité d’Amir Mohamad Abdel Rahmane al-Maoula al-Salbi, l’un des fondateurs de l’organisation, et Al-Qourachi était l’un de ses noms de guerre, a révélé mardi le quotidien britannique The Guardian. L’homme est connu. Sa tête est mise à prix 5 millions de dollars (4,5 millions d’euros) depuis août par le département d’Etat américain qui l’a placé sur sa liste des terroristes les plus recherchés. Les Etats-Unis le considéraient dès cet été comme l’un des successeurs possibles d’Al-Baghdadi.

Irakien, originaire de Tall Afar, Al-Salbi est Turkmène, ce qui en fait l’un des rares dirigeants non arabe de l’EI. Diplômé de l’université de Mossoul, il a connu Al-Baghdadi dans le Camp Bucca en 2004, juste après l’invasion américaine de l’Irak. Considéré comme l’un des idéologues du groupe jihadiste, il a joué un rôle prédominant en tentant de justifier le massacre des Yézidis, une minorité religieuse implantée dans le nord de l’Irak, en 2014. Des milliers d’hommes avaient été assassinés tandis que des femmes et des enfants étaient réduits en esclavage. Un carnage qualifié de crimes contre l’humanité par les Nations unies.

Son organisation est aujourd’hui aux abois. Elle ne dispose plus de territoire à proprement parler et a perdu des milliers de combattants et la plupart de ses chefs. Mais elle reste active en Syrie, notamment dans le Sud-Est, dans des villages qui bordent l’Euphrate, et en Irak, où elle vise surtout les forces de sécurité. 


Luc Mathieu





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