Soudan : les défis de l’accord sur la transition

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Kinshasa, 5 août 2019 (ACP).- L’accord global sur la transition conclu samedi 3 août entre les militaires et les civils a été paraphé ce dimanche par les deux parties et la signature officielle interviendra le 17 août, a-t-on appris lundi des médias étrangers.

Selon ces sources, cet accord semble équilibré, laissant une large marge au pouvoir civil, mais le chemin reste encore long pour mener à bien la transition.

Les analystes politiques laissent entendre que la transition sera encadrée par trois autorités : le Conseil souverain – qui sera nommé le 18 août – et comptera cinq militaires et six civils. Un conseil des ministres dirigé par un Premier ministre qui sera nommé parmi les civils le 20 août. Enfin, le Parlement devra être mis en place 90 jours après la signature de l’accord.

Ces analystes trouvent que les grands principes sont fixés, mais c’est un long processus qui s’ouvre pour la négociation du transfert du pouvoir aux civils et la future Constitution soudanaise. Il faut maintenant que les nombreuses composantes de l’opposition puissent s’entendre sur l’avenir du pays.

A ce sujet, Jérôme Tubiana « spécialiste du Soudan » note que ce sont  des composantes nombreuses mais aussi extrêmement diverses.

Certains, dit-il,  sont plutôt des religieux conservateurs, d’autres sont des communistes laïques, d’autres sont de la société civile apolitique, d’autres encore ne sont pas même tout à fait des civils, puisqu’il y a aussi les groupes rebelles qu’il va falloir d’une certaine manière intégrer et y être représenté. Ces négociations risquent d’accroître des divisions qui sont déjà importantes.

Tubiana soutient que cette transition pourraient avoir des implications notamment la mise sous contrôle des corps militaires et des milices qui restent potentiellement déstabilisants.

Des questions fusent notamment celui à qui incombera la responsabilité du contrôle de l’armée, quelle sera l’venir des milices qui ont joué un rôle crucial ces dernières semaines dans la répression violente des manifestations civiles. Il en est de même du futur des services de renseignements. Bref quelle sera l’avenir de tous ces héritages de l’ère Omar el-Béchir ?

Des inquiétudes partagées par Gaffar Mohammud Saeneen, un militant soudanais réfugié en France. Il demande justice pour les « martyrs » de la révolution, et voit d’un mauvais œil la place laissée aux militaires : « Depuis le début, nous disons qu’il ne faut pas faire confiance à ces gens. Ils ne doivent pas faire partie de la révolution. »

Autre grande priorité des négociations à venir, le règlement définitif des nombreux conflits à travers le pays. ACP/DNM/MPK/AWA/JLL/CKM



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