RDC : A Kinshasa, la longue attente des sauts – de – moutons de Tshisekedi

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A peine investi président de la République Démocratique du Congo (RDC), Felix Tshisekedi avait entrepris des chantiers d’urgence dans le cadre de son programme de 100 jours. A Kinshasa, il s’était, entre autres, agi des sauts – de – moutons, ces dispositifs constitués d’un pont, d’une tranchée ou d’un court tunnel et qui permettent le passage d’une voie par-dessus d’une autre. L’objectif de ces constructions est de faciliter la circulation des kinois, en permettant le dégagement des embouteillages, en vue d’améliorer la ponctualité et la sécurité. Mais à un an de l’investiture de Felix Tshisekedi, la plupart de ces chantiers sont quasi aux arrêts, provoquant ainsi des embouteillages dans des carrefours.

Reportage

A Gauche, arrêt ! Vire à droite, attendez, déviation ! …. Sur l’avenue de Libération (ex 24 novembre), à quelques mètres de la tour de la télévision nationale, des dizaines d’engins, taxis, voitures personnelles et motos sont bloqués, dès 7h de ce vendredi de janvier, dans un embouteillage sur toutes les bandes de la chaussée.

“J’arrive chez moi, pas avant 22 heures. Et cela pour repartir le lendemain à 4 heures 30″ du matin, ces histoires nous pourrissent la vie inutilement”, s’emporte John, exténué sur le volant d’une Jeep.

A bord d’un taxi, Caroline tente de conseiller son chauffeur comment se tirer de l’enfer, mais ils ne réussiront pas. Car malgré multiples tentatives de déviation, leur taxi ne sait ni avancer, moins encore reculer dans cette ambiance pareille à un cortège. « Voici 30 min qu’on fait le surplace. On ne sait avancer même d’un mètre », regrette Caroline qui se croyait matinale pour rejoindre son bureau.

Depuis environ six mois, un chantier de saut-de-mouton est installé au cœur du carrefour. A l’intérieur, tout est à l’arrêt. Seulement deux gardiens extenués assurent la permanence. Junior, qui tient un commerce près du chantier fait remarquer à ACTUALITE.CD que c’est depuis plusieurs semaines que les travaux n’avancent pas.

Au moins 7 projets de sauts-de-mouton sont en cours d’érection dans la capitale Kinshasa. La fracture est salée, pas plus de deux millions de dollars par ouvrage. Inscrits dans le cadre du programme de 100 jours du président Felix Tshisekedi, ces infrastructures ont pour objectif de réduire les embouteillages dans la mégapole Kinshasa dont les rues sont encombrées par des engins, des décharges puantes et une population étouffante qui vide les provinces, espérant trouver un avenir meilleur dans la capitale.

Ces travaux qui devraient se clôturer en décembre dernier, selon les dernières promesses de Félix Tshisekedi, se poursuivent dans certains chantiers, alors que dans d’autres, ils sont quasiment à l’arrêt, provoquant des difficultés énormes de mobilité pour les 15 millions d’habitants.

Boulevard du 30 juin, un autre chantier de saut-de-mouton a surgi au beau milieu du rond-point Mandela. Les travaux se sont accélérés depuis quelques jours. Même rythme de travail au chantier du Rond-point Socimat.

Ici, trois entreprises travaillent même le dimanche depuis quelques jours. Il faudra au minimum trois mois encore pour terminer complètement les travaux, renseignent des ingénieurs commis à ce chantier.

Casse-tête pour parcourir le boulevard Lumumba

La longue voirie reliant la ville à l’aéroport international de N’djili est monstrueuse pour les millions de kinois qui l’empruntent au quotidien. Les travaux de construction évoluent sur trois chantiers. Chaque chantier de saut – de – mouton prend trois des 4 bandes de chaque allée sur ce boulevard.

De plus en plus de kinois sont impatients de voir la fin des travaux censés lutter contre les embouteillages et fluidifier les trafics.

A Pompage, les travaux controversés

Le saut-de-mouton de la place Pompage est celui dont les travaux sont très avancés. L’Office des Voiries et Drainage (OVD) affirme même que les travaux sont terminés.

Techniquement, l’OVD a complétement fini son travail, en respectant à la lettre son contrat avec le gouvernement central, sous l’impulsion du Président de la République, précise Benjamin Wenga, DG de cette entreprise publique. Dans le souci de tenir sa parole, le chef de l’État Félix Tshisekedi avait prévu d’inaugurer cet ouvrage le 23 décembre dernier.

Le protocole d’Etat avait même apporté tous les matériels nécessaires notamment le tapis rouge et la chaise du Chef de l’Etat.

L’équipe d’avance du Chef de l’Etat, la Garde républicaine, la presse présidentielle, le car de reportage de la RTNC étaient déjà sur le lieu.

Certains invités de marque s’étaient déjà installés sur le podium prêt pour que le Chef de l’Etat procède à l’inauguration de ce saut-de-mouton.

Au finish, la cérémonie a été annulée à la grande surprise. Certaines personnalités sur place avaient indiqué que les travaux n’étaient pas achevés, évoquant la question d’aménagement autour du saut-de-mouton.

Tenez, ce saut-de-mouton est construit au cœur d’un marché. Des maisons commerciales et d’une station de carburant entourent cet ouvrage controversé. Certaines personnes dans la population locale pensent, d’ores et déjà, que l’ouvrage construit dans pareil environnement ne résoudra pas les problèmes d’embouteillages à Pompage.

Mais l’OVD indique n’avoir reçu que le mandat de construire du saut-de-mouton, les autres aspects ne peuvent pas lui être imputés.

Benjamin Wenga indique qu’il appartient au ministère des Infrastructures, Travaux Publics et Réaménagement (ITPR), affaires foncières et hydrocarbures d’aménager les routes d’en bas ainsi que les parkings.

Benjamin Wenga, Directeur Général de l’OVD, est formel : « les travaux de construction du saut-de-mouton de Kinsuka-Pompage, à Kinshasa, sont terminés ». Il en appelle également à l’implication d’autres services connexes pour les autres aspects.

Pour justifier les retards dans la construction de ces infrastructures, des responsables des entreprises d’exécution des travaux évoquent des “retard” dans le déblocage des fonds et des “erreurs” dans les études de faisabilité.

Les bouchons monstres : Autorités, piétons, motocyclistes et autres usagers de la route en pâtissent.

Dépassé, le gouverneur de Kinshasa a chargé son ministre provincial des Transports, celui des Infrastructures et le Commandant Provincial de la police pour “proposer rapidement” des solutions afin d’atténuer les effets des embouteillages causés par les sauts de moutons dans la capitale.

Christine Tshibuyi



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