Minembwe : Enock Ruberangabo Sebineza écrit à Mgr Sebastien-Joseph Muyengo

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Député honoraire et notable du Sud-Kivu, Enock Ruberangabo Sebineza, dans une lettre datée du 13 octobre 2020, a réagi à la déclaration de Mgr Sebastien-Joseph  Muyengo Mulombe, Evêque du Diocèse d’Uvira sur la Commune de Minembwe et l’installation de ses animateurs. ‘‘Excellence Mgr, comme l’église de la  paroisse catholique Mater Dei de Minembwe dans votre zone pastorale est à moins de 300 m du Bureau de la Commune, il aurait suffi de prendre  les soins de vous munir du Décret en question  et appeler un fidèle de votre paroisse pour vous renseigner au lieu de vous livrer à un exercice périlleux de la politique auquel les leaders du Kivu nous ont souvent habitués, le mensonge pour assouvir la haine ethnique à utilité populiste.  La haine appelle la haine. Votre déclaration court le risque de tomber sous le coup de message d’incitation à la haine ethnique passible de poursuite…’’, écrit-il. Ci-après, la lettre intégrale.

Uvira, le 13 octobre 2020

Concerne : réaction à la Déclaration de Son Excellence Mgr Sebastien-Joseph  MUYENGO MULOMBE, Evêque du Diocèse d’Uvira à Uvira /RDC sur la Commune de Minembwe et l’installation de ses animateurs.

Excellence Mgr l’Evêque,

En liminaire, en tant que chrétien je vous salue au nom Jésus-Christ et que la paix soit avec nous tous et au peuple de hauts plateaux de Fizi, Uvira, Mwenga qui subit les affres d’une guerre injuste depuis bientôt quatre ans.

Ma réaction sur votre  déclaration donnée à Kinshasa ce 1er octobre 2020, consistera d’abord à circonscrire la région concernée par votre déclaration et exprimer mes points de vue au fur et à mesure de mes analyses.

Région des hauts plateaux, appelée hauts plateaux d’Itombwe.

La région est une  bande de terres étirées du nord au sud à cheval de quatre territoires administratifs d’Uvira, de Mwenga/Itombwe et de Fizi et une petite partie de Walungu ( Kahya) sur au moins 200km ; ses crêtes constituent la ligne de partages des eaux des bassins de la plaine de la Ruzizi par plusieurs cours d’eauà l’Est qui y prennent leurs sources, d’une part et de ceux du bassin des rivières Elila et Ulindi vers l’ouest, d’autre part.

Cette région enclavée est l’une des plus hautes altitudes étendues de la RDC voire du monde tropical  habitées dont certains sommets culminent parfois à près de 3.500 m d’altitude sur certains sommets et les températures nocturnes en saison sèche atteignent parfois -5°C dans certaines parties.

A part ces caractéristiques physiques qui la font une région naturelle, s’ajoute une population formée d’éleveurs banyamulenge pratiquant une agriculture complémentaire à l’élevage, des bafulero, des babembe essentiellement  agriculteurs, chasseurs  et dans une certaine mesure les banyindu. Je vous épargne une autre polémique autour de l’’occupation progressive de  peuplade vers les années 1900 à ce jours de ces terres  hostiles à cause de leur climat rude, froid de montagnes jadis prédilection des animaux sauvages dont  les lions. De mémoire d’enfance, comme fils d’un berger, j’avais aperçu un vestige d’une lionne pourchassée, accusée d’avoir dévoré, encore nos vaches, vers 1963 à Rugezi en Chefferie de Kaziba, toujours nos vaches aujourd’hui décimées, cette fois-là,  par la sauvagerie humaine.

Terres hostile à l’agriculture mais avec la partie savane propice à l’élevage  ce qui explique l’arrivée tardive des agriculteurs ; ainsi le Groupe MILIMA,une ONG locale dont Müller Ruhimbika, jeune ressortissant du prestigieux institut supérieur du développement rural, ISDR/Bukavu, réussit d’ y introduire de nouvelles semences adaptées  de pommes de terre et de maïs vers les années 1990 ce qui la rendra plus viable davantage en plus de l’élevage.

De sources de service vétérinaire local vérifié par nous même en 2011,170.000 doses destinées à la  campagne de vaccination des vaches par  la FAO n’ont pas suffi pour un cheptel estimé à 210.000 têtes. De ceci nous pouvons déduire, qu’endéans 10 ans, le cheptel auraient dépassé le double et estimé à plus de 500.000 vaches. Ces bêtes appartenaient à majorité aux banyamulenge et dans une moindre mesure, aux bafulero. Plus de la moitié aujourd’hui est décimée par une cruauté inouïes de groupes armés.

La Commune de Minembwe, parlons-en Excellence Mgr,

Cette commune objet de polémiques de toutes les passions est l’une des Communes et villes créées par le décret du 13 juin 2013 dont une surséance avait été décidée plus tard faute de moyens de leur mise exécution et quelques difficultés techniques, au niveau national, me semble-t-il, liées aux limites qui devaient être corrigées par les services compétents de l’Etat congolais.

Il sied de rappeler que Minembwe, comme agglomération à hisser en Commune avait été unanimement proposée à l’assemblée provinciale du Sud-Kivu par les députés de la circonscription électorale de Fizi tous issus de la Communauté babembe. Le document existe.

Comme on peut le constater aujourd’hui dans les discours hostiles à son installation de l’assemblée provinciale actuelle,  les mêmes raisons ethniques qui ont présidéà son rejet par l’ancienne équipe de cette assemblée provinciale obéissant au principe de « mêmes causes produisent les mêmes effets », persistent et signent. Désormais la Commune est considérée comme une terre à donner aux étrangers que sont les banyamulenge.

Mgr l’Evêque,

Aux différentes étapes de ce processus, les instances nationales décident de se fier et  tenir compte de la proposition initiale des députés provinciaux  de Fizi accusés de tous les maux aujourd’hui d’avoir commis une faute d’octroyer des terres aux « étrangers ».

Par la suite, 2018 le pouvoir de l’époque décida une levée de cette surséance pour quelques entités du Sud-Kivu par le décret Tshibala n° 18/020 du 30 mai 2018 des dispositions des décrets conférant le statut de villes et commune à certaines agglomérations. Quatre entités au Sud-Kivu en l’occurrence Uvira, Kamituga et Baraka comme villes et la Commune de Minembwe sont rendues effectives dans ce décret, les Maires de villes seuls seront installés et la Commune laissée au bas. Une démarche déjà suspecte qui frise un traitement non-équitable de ces quatre entités. Qualifier cette décision à ce niveau des institutions de frauduleuses, c’est mettre en cause toute la République.

Si le traitement spécial devait être évoqué comme un pêché pour Minembwe, il devait l’être autant  pour les quatre entités. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Seul Minembwe est livré à la vindicte populaire, ‘’crucifie-le, crucifie-le…’’ au point d’être qualifié de cancer à éradiquer de la RDC selon Mr Valentin Mubake dans son communiqué du 05 octobre 2020, propos graves passibles de poursuites judiciaires. Et Martin Fayulu de renchérir «  si nous laissons Minembwe entre les mains de ces occupants, demain, nous n’aurons plus de pays. Nous serons le 1er peuple d’Afrique à être colonisé par un autre peuple d’Afrique ». En claire, par Martin Fayulu, le ton est donné pour en chasser les occupants. Excellence Mgr, pareil discours mérite condamnation que soutien de votre part.

LIMITES DE LA COMMUNE DE MINEMBWE, parlons-en aussi : les originaires consultés à l’élaboration de ce travail de limites sont de fins connaisseurs de ce milieu, ont très bien fait ce document sur base de la loi. La Commune de 10km à vol d’oiseau est établi exactement dans les limites d’une partie du Territoire de Fizi. Il s’agit des indications correctes et précises  se trouvant dans le Décret numéro 13/029 du 13  juin 2013 conférant le statut de ville et commune à certaines agglomérations de la Province du Sud-Kivu, Journal Officiel de RDC, service de la Présidence de la République du 20 juin 2013, col.198.

ANNEXE 3 : LES LIMITES DES COMMUNES ENUMEREES A L’ARTICLE 8 (page 103 dudit décret)

10) Commune de Minembwe

  1. AU NORD :
  • Le ruisseau Kalungi et la rivière Minembwe ;
  1. AU SUD :
  • Le ruisseau Sara et la rivère Kabanja ;
  1. A L’EST :
  • La chaîne de Mukoko et la Forêt de Rugmero ;
  1. A L’OUEST :

Avec ces  précisions, nous portons un démenti formel et mettons quiconque au défi de prouver le contraire.

Excellence Mgr l’Evêque, je ne comprends pas pour quelles fins avez-vous décidé d’appuyer les propos mensongers des honorables Jean-marie Bulambo, Justin Bitakwira et surtout l’appel de Monsieur Valentin Mubake président de l’UDPS/LE PEUPLE qui considère que Minembwe est un cancer et appelle tous les congolais à veiller à son éradication de la RDC ?

Deux paragraphes de votre message posent un problème sérieux d’éthique. Etendre ses limites sur , je cite les points 2 et 3 de votre déclaration :

2.« Alors que la plupart des Communes rurales sont érigées au sein d’un Territoire , la nouvelle Commune de Minembwe s’étend sur les trois Territoires administratifs et Zones pastorales, en intégrant une bonne partie de la Réserve naturelle d’Itombwe, à cheval sur Fizi et Mwenga et une bonne partie de la Chefferie de Bavira, vers Bijombo, Kagogo, Kishembwe etc… ».

  1. Pour nos populations, la Commune de Minembwe est le dernier coup du maître après l’échec du pouvoir du Rassemblement Congolais pour la Démocratie(RCD), d’obédience rwandaise à l’époque, de créer tout un territoire dans la province pour nos frères Banyamulenge, identifiés comme de congolais d’origine rwandaise et d’ethnie tutsi. Hier, c’était la question de la nationalité, aujourd’hui, aujourd’hui c’est celle de la terre. Mais si on peut attribuer la nationalité à qui la demande et la mérite, on ne distribue pas la terre sous n’importe quelle condition. Aussi, plutôt que de parler de Commune rurale, nos populations considèrent qu’il s’agit ici des « Terres ou Territoires occupés  »  par défi. Ce qui constitue une humiliation pour elles.

Excellence Mgr l’Evêque, pouvons-nous ensemble réfléchir sur ces deux paragraphes qui sous-tendent en réalité des théories distillées depuis les années 1982 autour de la question de la nationalité de tutsi congolais, plutôt des banyarwanda en général et les banyamulenge en particulier.

Ces derniers, leurs candidatures furent refusées aux élections de 1982, 1987 et à la Conférence Nationale Souveraine, CNS en sigle, pour motif qu’ils sont étrangers. La conséquence logique de cette exclusion est la non-participation au Parlement issu de ces assises, le HCR-PT (haut conseil de la république-parlement de transition). L’artisan de cette politique fut encore et toujours un fils du coin, l’honorable Anzuluni Bembe Isilonyonyo originaire de Fizi, ancien Président de cette institution avec le soutien total des élus du Kivu comme il en est encore aujourd’hui autour de la question Minembwe, 38 ans après.

Excellence Mgr, L’histoire se répète. Floribert Anzuluni fils du père,  du mouvement citoyen Filimbi, paravent de politiciens kivutiens, héritier  fidèle  de l’idéologie du projet de son père pour parachever l’œuvre que la famille a commencé au début des années 1990, n’a cessé de tenir de propos en appui des mayi mayi contre la Commune de Minembwe. Tel père tel fils, dit-on !

A cette époque, une commission d’enquête appelée ‘’Vangu Mambweni’’ est instiguée et les conclusions ne devaient pas être différentes de l’objectif de départ, celui de dénationaliser les banyamulenge. Votre prédécesseur, Mgr Jérome Gapangwa en a payé les frais et était pris pour cible par cette commission composée essentiellement d’extrémistes sélectionnés à cette fin, aboutit à une parodie de Résolution où l’Evêque issu de la Communauté Banyamulenge est déclaré étranger pour motif de vouloir créer l’imaginaire ‘’Empire Hima-Tutsi’’. Celui-ci fut l’argument de l’époque pour traquer politiquement sa communauté et la balkanisation est aujourd’hui mise à la sellette  pour justifier la guerre qui sévit autour de Minembwe. Par la suite une machine de diabolisation était mise en marche par la société civile au point où le Saint Siège tomba dans le piège, le retira. Sa communauté subira tous les affres liés à cette campagne de haine sous les alliances des communautés locales avec les réfugiés burundais et  rwandais  de 1993 et 1994 parmi lesquels les génocidaires qui rajoutèrent à la haine, leur idéologie séculaire.

C’est dans ce contexte que la guerre de 1996 éclata par une triple convergence d’intérêts. i. d’abord, nous tous congolais fatigués indistinctement de 32 ans de règne Mobutu ;

  1. ensuite les banyamulenge déclarés étrangers dans leurs propre pays et proposés à l’expulsion et iii. en fin la Communauté internationale par les pays régionaux y compris le Rwanda qui voulaient régler les problèmes de sécurité des génocidaires qui campaient à ses frontières dans un Etat qui désorganise son pays ainsi que les puissances qui voulaient un autre leadership à la tête du Zaïre.

Rappelons que le détonateur de cette guerre en 1996 fut la malheureuse décision du HCR-PT d’expulser les Banyamulenge de la RDC que Mubake Valentin appelle aujourd’hui par des termes voilés d’un niveau linguistique élevé  « éradiquer le cancer Minembwe de la RDC ».

1996, les rebellions successives manipulées par les puissances militaires régionales ont continué à porter un  coup fatal  à la cohabitation en exacerbant les conflits ethniques par leur instrumentalisation à dessein contre les banyamulenge.

Entre temps, le ressentiment contre les banyamulenge basé sur ce qui est considéré comme échec des extrémistes à voir le retour dans le giron national des banyamulenge après l’accord global et inclusif issu des négociations de Sun City et de Pretoria, Afrique du Sud-Sud de 2002. Ceci réveillant les démons en hibernage des années mulelistes, l’esprit mayi mayi, des milices issues des communautés voisines qui prônent l’exclusion voire l’expulsion des banyamulenge de la RDC, prennent le poil de la bête. Des figures inconnues tels Mulongeca, Emmanuel Rumonge et bien d’autres au pays et à l’extérieur s’illustrent, dans les réseaux sociaux, relayent aujourd’hui  ouvertement les appels à l’extermination des banyamulenge. Ceci mérite condamnation Mgr !

Nous l’avons dit dans le Mémorandum de la Communauté Banyamulenge à Kinshasa le 25 mai 2019 sur la guerre qui sévit dans les hauts plateaux depuis avril  2017, qui a vu naître une alliance contre nature des rebelles burundais soutenus par le Rwanda s’associer aux mayi mayi (maï-maï) pour déraciner les banyamulenge, détruit plus de 80 % de ce terroir sous un silence assourdissant des leaders de toutes les couches de notre province sauf quelques cas isolés de dénonciation timide. Plusieurs dizaines de milliers de vaches systématiquement pillées sont vendues sur toute l’étendue de la province et mêmes les services de l’Etat en perçoivent les taxes.

La dernière arrestation sous la clameur des populations de Minembwe des officiers des FARDC pour avoir distribué de munitions aux mayi mayi en vue de s’attaquer aux villages banyamulenge, devait être condamné par tous.

Excellence Mgr,

Revenons un peu sur le paragraphe 2 de votre déclaration. Vous avez dit de choses qui ne sont pas vraies et facile à vérifier.  Nous nous permettons de vous informer que ces limites de la Commune indiquées dans le Décret ne sont pas une fiction comme vous sembler le faire croire. Une commune qui s’étend sur les localités cités dans votre message n’existe pas dans le Décret Matata du 13 juin 2013 ; donc, c’est une confusion totale de votre part.

Excellence Mgr, comme l’église de la  paroisse catholique Mater Dei de Minembwe dans votre zone pastorale est à moins de 300 m du Bureau de la Commune, il aurait suffi de prendre  les soins de vous munir du Décret en question  et appeler un fidèle de votre paroisse pour vous renseigner au lieu de vous livrer à un exercice périlleux de la politique auquel les leaders du Kivu nous ont souvent habitués, le mensonge pour assouvir la haine ethnique à utilité populiste.  La haine appelle la haine.

Votre déclaration court le risque de tomber sous le coup de message d’incitation à la haine ethnique passible de poursuite.

Excellence Mgr, dans le 3ème point  de votre message, vous ouvrez toute une longue  page tragique de la contestation de la citoyenneté de banyamulenge. Vous parlez de deux sortes de populations. Celle-là que vous considérez comme la votre,( nos) populations humiliées et les autres identifiés comme de congolais d’origine ‘’rwandaise’’ et d’ethnie tutsi. Une deuxième catégorie à la recherche de terres et à la quête d’une nationalité en distribution, précisant que, si l’on attribue la nationalité aux demandeurs méritant, qu’il serait inconcevable de distribuer les terres. Ces propos sont gravissimes, inacceptables et de nature à opposer davantage nos communautés.

Mgr, je voudrais vous le dire  comme représentant attitré de ma base aux assises de Sun City et du Parlement de Transition que, j’avais voté, sans ambages, contre l’article 10 de la Constitution de notre pays lors de son adoption au parlement de transition et exigeais de rester à la date fétiche de 1885 au partage de l’Afrique à Berlin. Ceci pour prévenir les manipulateurs qui feraient croire dans l’avenir qu’à la date de 1960 on distribua la nationalité aux Banyamulenge. Mon propos ce jour-là, «les banyamulenge n’ont jamais demandé une nationalité, ils ne la demandent pas et ne la demanderont jamais puisqu’ils sont là où ils sont  depuis que les frontières de ce qui est devenu le Congo en 1885 ne le soit », avait reçu les applaudissements frénétiques des collègues honorables députés dans l’hémicycle du Palais du Peuple.

Le dire autrement, c’est toucher dans la prunelle de ma communauté, c’est tourner le couteau dans la plaie. Les insinuations de votre paragraphe sont de nature à semer le trouble et le pire ne pourrait pas se faire attendre. Ces genres de discours ont pour conséquence de mobiliser toutes les autres communautés de la province contre les incriminés en créant ainsi une minorité de fait à traquer par tous. Quand ces propos viennent en plus d’une personnalité comme vous Excellence Mgr, comprenez que les dégâts sont proportionnels au poids du message. Les mayi mayi et leurs alliés burundais de Red Tabara qui mènent une guerre sans merci de déracinement contre les banyamulenge depuis bientôt 4  ans n’attendent que ces genres de discours pour les mobiliser et  intensifier les massacres et les pillages.

Excellence Mgr l’Evêque, en date du 14 septembre 2020, j’ai été reçu par vous-même à l’Evêché d’Uvira sur votre souhait, juste après que j’ai signalé ma présence à Uvira. Je vous remercie pour votre accueil chaleureux dans ce beau cadre de tout un symbole. Vous nous aviez soumis alors à un bon  exercice de discuter  de votre message du 1er août 2020 sur les morts de Kipupu et qui avait encore suscité, selon une certaine opinion, quelques soucis d’équité dans le traitement de condamnation de la guerre de hauts plateaux. Après avoir fait les commentaires nécessaires et dégager les controverses à ce sujet, nous avions privilégié de s’attarder aux convergences de vues et nous promettre de continuer les échanges en synergie pour prévenir les incompréhensions dans une situation de guerre et ainsi contribuer ensemble à la paix dans notre terroir.

Grande a été notre déception de vous lire dans une déclaration qui s’écarte de la vérité et qui, dans une certaine mesure, met de l’huile sur le feu. Je comptais sur  nos contacts devenus plus ou moins réguliers depuis que vous êtes à la tête du Diocèse d’Uvira en vue de contribuer au  rapprochement de nos populations antagonisées par de mauvaises politiques.

En conclusion Excellence Mgr l’Evêque, je pense qu’il est encore possible de réparer les dégâts qu’a occasionnés votre déclaration pour marcher ensemble en vue de contribuer à la paix dans les terroirs de Fizi, Uvira et Mwenga. Les populations qui vous connaissent comme leur Pasteur, attendent un message différent de celui qui est donné dans ladite déclaration.

Les banyamulenge pensent que les forces mobilisées contre eux sont énormes et que toutes les portes de dialogue qu’ils appellent de leurs vœux, leurs sont malheureusement fermées.

Je vous souhaite un bon séjour à Kinshasa, un bon retour pour reprendre le flambeau de la paix. Nous sommes prêts, comme toujours, à y contribuer.

Enock RUBERANGABO SEBINEZA, Député honoraire et notable du Sud-Kivu

COPIE A :

  • A Son Excellence Monsieur le Président de la République Démocratique du Congo et Chef de l’Etat( avec nos hommages les plus déférents) , Palais de la Nation, GOMBE/Kinshasa ;
  • A Sa Sainteté, le Pape François, Saint Siège, Cité de Vatican, V-00120, ROME, c/o Nonciature Apostolique du Saint Siège à Kinshasa, av Goma 81, BP 3091 Kinshasa/Gombe ;
  • Son Eminence le Cardinal, Archevêque de Kinshasa, Av de l’Université, B.P 8431 Kinshasa ;
  • A Son Excellence Mgr l’Evêque, Président de la Conférence Episcopale du Congo, CENCO, c/o Secrétariat Général, Centre Interdiocésain de Kinshasa/Gombe ;
  • A son Excellence Archevêque, Président de l’Assemblée épiscopale provinciale de Bukavu(ASSEPB), B.P 3324 Bukavu, Sud-Kivu ;
  • A la Nonciature, Av Goma 81, BP 3091 Kinshasa/Gombe, +243813330124  repdemcongo@diplomat.com, nonapcg@yahoo.com.



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