Kinshasa : les marchés pirates s’installent de nouveau aux abords de “zando” après l’opération policière de déguerpissement des vendeurs 

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Il y a près de deux semaines, les agents de l’ordre ont procédé au déguerpissement des vendeurs au marché central communément appelé « Zando » sur les avenues Itaga, Kato et Rwakading sur décision de l’hôtel de ville de Kinshasa dans le cadre de l’opération Kin Bopeto. Dans un premier temps, les vendeurs déguerpis se sont trouvés quelques endroits de fortune pour continuer à opérer, laissant quasiment vide ces trois avenues. 

Mais le constat fait ce mercredi 12 février par ACTUALITE.CD, montre le retour progressif des tenanciers de ces marchés pirates. Ils prétextent ne pas trouver un autre cadre approprié pour vendre leurs articles et ne s’empêchent pas d’y retourner à moindre déplacement des policiers commis à leur surveillance.  

« Nous avons reçu l’ordre du Gouverneur Gentiny Ngobila de sécuriser cet endroit chaque fois puisque nous avons une population très têtue. Kinshasa était construit à l’époque pour habiter plus au moins 5 millions d’habitants. En ce moment la ville était très propre mais actuellement nous avons plus ou moins 12 millions d’habitants, ce qui fait que la ville devient plus petite, il n’y a plus l’espace même pour les piétons. Voilà pourquoi le Gouverneur de la ville a initié ce projet de Kin Bopeto afin que la ville redevienne propre. Je suis là depuis le lundi matin pour surveiller ces vendeurs. Je pense que le gouverneur de la ville doit maintenir cette décision et aussi renforcer une équipe solide des agents de l’ordre sans cela, ils nous sera difficile de vaincre cette situation », confie Papy Kaseleka , agent de l’ordre commis à la surveillance des vendeurs.

Concernant cette mesure de l’hotel de ville, les vendeurs sont divisés. Si certains saluent cette décision, d’autres, par contre, pensent qu’il leur fallait un moratoire avant de passer à l’action. 

« Cela devrait être fait en ordre c’est-à-dire, nous informer bien avant pour nous permettre de nous organiser et trouver d’autres mécanismes pour ne pas subir ce  que nous vivons aujourd’hui. Il nous a déçus, il y a plusieurs travaux qu’ils devraient finir d’abord notamment les sauts-de-mouton. Le pays est vraiment mal géré, pas de boulot, le seul boulot que nous avons, c’est de vendre quelque chose afin de s’occuper de nos enfants et familles. Il n’y a pas de raison fondée jusque-là concernant ce déguerpissement. Ils disent simplement qu’il faut réhabiliter cette avenue de Kato à partir de Bokassa jusqu’à huilerie.  Nous ne refusons pas cette décision, du moins ils doivent nous indiquer un endroit approprié. La meilleure façon de nous aider était de nous appeler pour un entretien afin de trouver une solution à l’amiable que d’agir ainsi », a déclaré Jérémie Lusumbu, trentaine révolue, vendeur des chaussures. 

Cinquantaine révolue, Laurence Nzeba est vendeuse de haricot. 

« C’est vraiment malheureux pour nous. Ça fait plus de trente ans que nous vivons dans ce lieu, nous payons la taxe et nous sommes en ordre. Par table nous payons 800 Fc congolais par jour. Nous regrettons seulement ce comportement de nos autorités du pays, nous ne savons à présent où aller au regard de la situation que nous traversons dans notre pays. Nous avons une famille à nourrir tous les jours et c’est vraiment regrettable de ce que nous subissons dans notre propre pays », a-t-elle dit.

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Chiria Matondo est vendeur des vêtements pour enfants. 

« La vraie raison qu’ils avancent ici est que c’est un marché pirate et qu’il faut à tout prix rendre ce lieu comme avant et libérer l’espace pour que les véhicules passent normalement. Aucune personne ne peut venir dans ce lieu commencer à vendre sans l’autorisation de l’hôtel de ville. Ils viennent ici récolter l’argent tous les jours. Comment expliquer qu’une grande autorité de la ville vienne nous chasser sans informer ? Mais nous savons bien que nous sommes en train de vendre sur cette avenue suite à des conditions que nous traversons dans ce pays. Donc qu’il fasse un effort de nous trouver un endroit », a-t-il expliqué.  

Parmi ceux qui ne l’entendent pas de cette oreille figure Jonas Bosango, vendeur de vêtements.

« Je suis très content que le Gouverneur Gentiny Ngobila vienne chasser les gens qui vendent dans ce lieu car nous avons besoin de développement et changement dans notre ville de Kinshasa. Nous avons fait autant d’années dans ce marché, nous n’avons vu aucune amélioration mais s’il vient avec une bonne idée de faire mieux les choses, nous allons bien l’applaudir. Nous souhaitons qu’il fasse vite pour rendre cette avenue très propre. Ce que nous désirons, c’est la propreté puisqu’apparemment, c’est devenu une habitude pour nous congolais de vivre dans l’insalubrité.  Donc pour moi, c’est une bonne chose et j’encourage cette initiative même si nous ne vendons plus comme auparavant. Néanmoins, c’est pour notre intérêt, je ne trouve aucun mal dans ce qu’il fait », confie-t-il. 

Hervé Kabwatila

 

 

 



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