En Australie, des tempêtes de sable plongent des villes dans le noir

By
ads



L’horizon a pris rapidement une teinte orangée en fin d’après-midi, dimanche à Dubbo, à 400 kilomètres au nord-ouest de Sydney. Les thermomètres affichaient plus de 30 °C à l’ombre. Le ciel safrané s’est vite transformé en énormes masses de nuages qu’on devinait remplies de la poussière rouge, typique d’Australie. En une vingtaine de minutes, la nuée s’est projetée dans la ville du centre de l’Etat de Nouvelle-Galles du Sud. Le nuage surplombait sur plusieurs dizaines de mètres les habitations.

Un couple qui se baladait avec son fils s’est soudain mis à courir. Les jeunes qui jouaient dans le skatepark se sont élancés sur leur trottinette pour rentrer chez eux. Puis, en plein jour, la nuit est tombée sur la ville, portée par des vents violents, qui se sont vite transformés en bourrasques de pluie.

A cause de la sécheresse record qui touche la région depuis trois ans, et des températures extrêmes, ces phénomènes sont devenus fréquents dans cette partie de l’Australie. Celui qui a touché Dubbo le 19 janvier était particulièrement impressionnant, avec des vents enregistrés à plus de 100 km/h. De nouvelles tempêtes ont parcouru la zone lundi et sont attendues jeudi.

A lire aussiAustralie : la souffrance de la terre brûlée

Les particules de petites tailles qu’elles portent peuvent avoir des effets sanitaires délétères sur les personnes atteintes de maladies respiratoires. «Ces dernières transportent aussi des micro-organismes qui peuvent provoquer une augmentation des maladies dans les zones touchées par ces événements», détaille le Bureau de météorologie australien, sur son site.

Pour les agriculteurs, c’est la double peine. «Tout ce qu’on arrive à faire pousser malgré la sécheresse, et ce n’est pas grand-chose, est rapidement balayé par les vents violents, raconte Scott, qui gère une ferme à quelques kilomètres de Dubbo. De plus, la poussière transportée contamine les réservoirs d’eau.» Ces nuages peuvent aussi amener des maladies sur les plantations.

Le 23 septembre 2009, Sydney a vécu une tempête de poussière qui est restée dans les mémoires. Les habitants se sont réveillés entourés d’un épais nuage rouge. Au pic de la nuée, la visibilité était réduite à 400 mètres. Surnommé depuis «l’Aube rouge», le nuage s’étendait sur 3 000 kilomètres de long et 2 500 mètres de haut. De la poussière a été envoyée jusqu’en Nouvelle-Zélande.

Depuis une semaine, la canicule qui a causé les feux destructeurs qui ont ravagé près de 10 millions d’hectares, tué 29 personnes et des millions d’animaux, a laissé la place à d’autres événements extrêmes dans l’Est de l’Australie. Orages et pluies violentes ont déjà provoqué des inondations le long de la côte, tout en permettant d’éteindre une grande majorité des incendies.

De nouveaux départs de feux pourraient avoir lieu jeudi, alors que le mercure à Sydney devrait atteindre 37 °C et que des vents de moyenne intensité sont annoncés.

A lire aussiEntraide après les incendies : «Pour la première fois, j’étais fier d’être Australien»


Aude Massiot





Source link

ads

Leave a Comment

Your email address will not be published.

ads

You may also like

Hot News